Intéressé par
tout mais passionné, seulement par la peinture, Respaud est à l’écoute
de tout ce qui se passe dans le monde, il le reçoit si fortement
et l’apprécie de manière si critique qu’il
en devient pessimiste sur l’avenir de l’homme qui est en
train de détruire notre planète sans se soucier le moins
du monde de l’avenir de nos enfants et surtout de nos petits- enfants.
Cela explique ses thèmes favoris stigmatisant souvent les « faiblesses » de
ses semblables, mais il sait aussi peindre la femme parce qu’il
aime la femme et quand il peint des autos c’est parce qu’il
est « né dans
un garage » et qu’il a gardé une certaine nostalgie
pour les odeurs et les bruits des automobiles d’antan.
Guy Respaud utilise particulièrement la toile et le bois, des
panneaux de bois ayant sêché pendant plus de vingt ans ce
qui réduit considérablement les risques de dégâts
liés au vieillissement, souvent cette peinture sur bois est traitée à la
laque, couches de vernis superposées que l’on ponce très
longuement jusqu’à l’obtention d’une surface
parfaitement lisse qui donne à l’œuvre un aspect très
particulier.
Il
peint à la peinture à l’huile, utilisant parfois
une technique mixte, peinture à l’huile et mine de plomb.
Il utilise des pinceaux de martre rouge qui permettent une peinture lisse
et un travail très précis, bien que souvent « accusé » de
peindre à l’aérographe il aime rappeler qu’il
n’y a jamais eu le moindre aérographe dans son atelier.
Et qu’il n’a jamais utilisé cet outil ajoutant qu’il
est souvent admiratif devant certaines œuvres réalisées à l’aérographe.
Respaud a horreur de la méchanceté de la violence, de
l’injustice et de ce qui permet tout cela LA BETISE, il est allergique à ce
qui est grégaire et s’il se fait de la liberté une
haute opinion, il est d’autant plus opposé à tout
ce qui est bluff ou laisser-aller.
Ainsi,
comme tout langage sa peinture a un contenu précis, il est le
contraire d’un « moralisateur » mais
il n’en explique pas moins clairement, souvent avec humour son
point de vue solide et précis.
Ce qui est vrai aussi c’est que tout ce que touche cet artiste
exceptionnel se métamorphose étrangement. Peinte par Respaud,
une simple oreille, un œil ou une fleur sont à la fois proche
de l’hyperréalisme et du surréel. A plus forte raison
la « pensée » exprimée, l’anecdote
racontée ou une simple nature morte.
Tout cela est assurément le signe d’une forte personnalité,
celle d’un grand solitaire plein cependant d’une tendresse
infinie qu’un rien suffit à blesser et que hante le temps
qui passe tout comme une simple fleur suffit à l’exalter.